3 minutes avec Aristide Maillol, 1861-1944

Aristide Maillol, étude pour la Méditerranée, 1904-1905.

Aristide Maillol, sculpteur de la monumentale Méditerranée, se place face à Auguste Rodin au musée Hyacinthe Rigaud à Perpignan, pour quelques mois. Méditerranée, figure silencieuse comme la qualifiait André Gide, fait entendre une voix intérieure. Elle accompagne une contemplation, une déambulation, une stupéfaction ; des histoires naissent et des images avec. Cette force immobile,  par sa simplicité et son harmonie, rend évidente l’aisthesis. À travers les percées triangulaires de l’allégorie, un passage se créé pour aller plus loin, beaucoup plus loin. C’est ainsi que s’esquissent des paysages liquides méditerranéens où l’air iodé capiteux enveloppe les corps, la mer outremer fuit toujours plus, vers le large, et où le soleil noircit les nuques imprudentes. L’expérience sensible face à la beauté devient un fait.  Fréquenter la création, où qu’elle se trouve, c’est arrêter l’immobilité.

Le temps d’un été, 3 minutes avec …s’évapore pour revenir matière à récolter en septembre et former des propositions à lire, voir et entendre mais aussi à critiquer, objecter, etc., tout pour abreuver.

Bel été.

HSV

1 réflexion sur « 3 minutes avec Aristide Maillol, 1861-1944 »

  1. En 1934, la découverte de Dina Vierny fut pour Aristide Maillol la révélation, dans la chair mais également dans l’ âme, de toute sa création jusque là. Je quitte le musée Rigaud de Perpignan, où quelques peintures, dessins et sculptures de Maillol sont exposées, pour aller à la rencontre du grand maître catalan au coeur même de la ville, là où son oeuvre vit, rayonne de toute l’ éclatante lumière du pays catalan qui a fait naître et s’ épanouir Maillol à l’ art, jusqu’ à atteindre la perfection. Les déesses du sculpteur sont au centre de la vieille ville… Ici, dans le frais patio aux pierres ancestrales de l’ Hôtel de Ville, La Méditerranée, solitaire, est recueillie dans sa silencieuse méditation. Non loin, place de la Loge de Mer, il nous faut lever la tête pour mériter de contempler la céleste et voluptueuse Vénus, élevée dans toute sa grâce. Le long des allées Maillol, « L’ Eté sans bras » m’ attend. Aujourd’ hui le merveilleux chef d’ oeuvre n’ a pas tout son lustre, qu’ importe, l’ absence de tout vernis sied à la beauté véritable, la beauté du corps et du coeur, cette beauté qui ne meurt jamais… car chacun sait que les artistes donnent une âme à leurs oeuvres. Cette âme transparaît ici dans la sensualité délicate et lascive du corps, dans le visage libéré de toute émotion, dans le regard sans regard, à l’ infinie profondeur, que le maître a posé en éternelle lumière du corps. Mais celui qui deviendra l’ artiste solitaire de la vallée de la Roume, à Banyuls sur Mer, n’ atténue pas les volumes, Aristide Maillol n’ estompe pas les formes; Maillol au contraire les affirme, Maillol les épanouit pour mieux les faire jaillir et nous émerveiller de toute la naturelle beauté du corps féminin. C ‘ est en véritable révélateur que le maître banyulenc sculpte ses nus féminins. En leur restituant toute leur authenticité, toute leur vérité, l’ artiste de génie fait respirer ses sculptures dans leur chair jusqu’ à leur faire atteindre la plénitude de l’ harmonie. Par cette harmonie révélée, Aristide Maillol réalisera la difficile métamorphose de la sculpture pour l’ ouvrir à l’ art moderne… et réconciliera la femme avec son corps.

    Max Régnier Aniche.
    Max Régnier Perpignan.

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