Joan Fontcuberta

Joan FONTCUBERTA (1955, né, vit et travaille à Barcelone, Espagne).

Site : http://www.fontcuberta.com/

Dans sa série Orogenèse, Joan Fontcuberta utilise un logiciel informatique conçu à des fins militaires qui permet de construire des modèles tridimensionnels à partir de sources bidimensionnelles, comme les cartes ou les relevés satellites. Cela permet de créer une image en trois dimensions de ce qui était vu auparavant comme une image plate. L’artiste alimente ce logiciel d’images de paysages créés par des artistes comme Cézanne, Turner et Dali, lesquelles seront interprétées comme « réelles ». Le résultat ce sont ses « Paysages de paysages ».

En ce faisant, Fontcuberta place le paysage dans le centre du questionnement qui oriente depuis longtemps sa démarche artistique : ce que nous voyons, est-ce bien réel ? Une image traduit-elle la réalité ? Quoi dire alors de ses paysages fabriqués artificiellement à partir de l’art ? Son but étant celui de problématiser la construction des images et, par conséquent, la construction du réel, l’artiste touche sur cette série un thème cher à l’histoire de l’art depuis des centenaires qui est celui de la construction du paysage.

Un paysage, c’est une invention d’un artiste, une prise de position de l’homme  face à la nature qu’il cadre sous son regard. Lorsque nous contemplons un paysage, peut-être que nous sommes plutôt face à une réalité fabriquée. Et si c’est le cas, quelle est la conséquence que nous pouvons en tirer pour notre rapport avec les images et pour notre croyance quasi aveugle en leur véracité ?

Bio

Né en 1955 à Barcelone où il vit et travaille, Joan Fontcuberta développe une activité plurielle : enseignant, critique, historien, artiste, commissaire d’exposition, il est aussi une figure majeure de la photographie plasticienne contemporaine.

Après des études en sciences de l’information à l’Université autonome de Barcelone, il travaille dans le domaine de la publicité et du journalisme. Professeur à la Facultad de Bellas Artes (Barcelone) entre 1978 et 1986, Joan Fontcuberta continue depuis à enseigner comme professeur invité dans différents centres et universités en Europe et aux États-Unis.

Il collabore régulièrement à des publications consacrées à l’art et à l’image. En 1980, il cofonde de la revue Photovision, dont il dirige la rédaction jusqu’en 2004.

Chercheur en histoire de la photographie espagnole du XXe siècle, il collabore avec des institutions comme le Ministerio de Cultura ou le Departement de Cultura de le Generalitat Cataluña en tant que commissaire de nombreuses expositions. Il est conseiller pour la collection FotoGGrafia des éditions Gustavo Gili (Barcelone). Il a publié plusieurs ouvrages consacrés à l’histoire, l’esthétique et la pédagogie de la photographie.

Fontcuberta se décrit comme « autodidacte en photographie » et se considère comme « un artiste conceptuel utilisant la photographie ». Il déclare que la propagande et la dictature de l’Espagne sous Franco au cours de ses 20 premières années l’ont amené à être sceptique quant à l’autorité, ce qui se reflète dans son art. Son expérience dans les communications et la publicité l’a amené à envisager la relation entre la photographie et la vérité, et Fontcuberta estime que l’humour est une composante importante de son travail.

Promoteur et fondateur de nombreuses manifestations photographiques, il organise en 1979 les Jornadas Catalanas de Fotografia et cofonde en 1982 la Primavera Fotografica de Barcelone. En 1996, il est nommé directeur artistique des Rencontres internationales de la photographie d’Arles. Enfin il est nommé commissaire invité pour le Mois de la Photographie de Montréal en 2015. Entre autres distinctions, il a reçu la médaille David Octavious Hill de la Fotografisches Akademie GDL en Allemagne en 1988, a été fait chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres par le ministère de la Culture français en 1994, et a reçu en 1998 le Premio Nacional de Fotografia décerné par le ministère de la Culture espagnol. En 2013 il a reçu, pour l’ensemble de son œuvre, le prix Hasselblad.

Les œuvres de Joan Fontcuberta sont conservées dans les collections permanentes de nombreux musées, comme l’Art Institute of Chicago; Centre de photographie créative, Tucson; Maison George Eastman, Rochester; Musée d’art du comté de Los Angeles; Metropolitan Museum of Art, New York; Musée national d’art moderne / Centre Georges Pompidou, Paris; Museo Nacional de Bellas Artes, Buenos Aires; Musée d’art contemporain de Barcelone; Musée Folkwang, Essen; Musée Ludwig, Cologne; Musée des beaux-arts de Houston; Musée d’art moderne, New York; Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa; musée d’art moderne de San Francisco.

Dans le cadre de l’exposition « Paysages liquides: entre art et terroir », l’une des oeuvres de la série Orogenèse de Joan Fontcuberta est montrée à la Galerie Lumière d’Encre qui abrite, aux mêmes dates, une exposition en dialogue et en partenariat avec 3C. Continuez à découvrir l’oeuvre de l’artiste à Céret, chez Lumière d’Encre.