Né en 1974 à Grenoble, Jacques Perconte vit et travaille aujourd’hui à Paris après avoir passé une vingtaine d’années dans le Sud-Ouest. Même s’il est reconnu comme l’un des pionniers français de l’art sur internet, c’est avant tout l’un des tout premiers à avoir envisagé la vidéo numérique comme un médium. Au début des années 2000, il ouvre la voie du travail de la vidéo par les codecs (travail sur la compression à contre-sens de l’industrie). Il donne ainsi au numérique une nouvelle dimension picturale.

« Après le dessin j’ai découvert la peinture puis la vidéo, l’informatique et les réseaux. Je suis passé par les cours du soir des Beaux-Arts, par l’université, par le CNRS. Arts plastiques, cinéma, philosophie, design interactif, systèmes d’information, stratégie d’innovation… J’ai plongé dans le numérique en 1995. »

Jacques Perconte explore le corps, le paysage et la couleur à travers les supports numériques. Après une entrée en matière très classique par le dessin et la peinture, Internet et la vidéo ont été les grands points de départ. Ses premiers films datent de 1995 et ses premières œuvres internet de 1996-1997. Ses œuvres circulent depuis 1997.

Son film Après le feu.., qui reçut le prix du Groupement des Cinémas de Recherche, finit son premier tour du monde après avoir rencontré un grand succès au festival du film de Tribeca à New York, au festival international du film de Rotterdam (IFFR), au Festival Scream à Los Angeles, entre autres.

Figure majeure de la scène artistique numérique et de l’avant-garde cinématographique française depuis la fin des années 90, Jacques Perconte se définit comme un artiste visuel. Son travail concentré sur le paysage, déclinant film linéaire pour le cinéma et film génératif pour l’exposition, performance audiovisuelle, photographie et installation, consiste à ressaisir la nature, notamment dans le rapport culturel et technique que nous construisons avec elle.

Les œuvres de Jacques Perconte naviguent entre les salles de cinéma et les salles d’expositions. Outre les annuelles expositions personnelles à la Galerie Charlot à Paris, on peut citer deux grandes expositions personnelles en 2014, au Prieuré Saint-Pierre à Pont-Saint-Esprit et au Collège des Bernardins de Paris, qui ont permis à un large public de découvrir son travail d’installation vidéo. En 2013, le festival côté Court lui consacre son panorama et retrace une lecture de sa filmographie au travers de 26 pièces. Le très sélect et secret club de David Lynch, le Silencio à Paris lui consacre un programme d’une dizaine de films en avril 2014. Après lui avoir offert deux cartes blanches en 2011, la Cinémathèque française consacre à son travail le cycle des avant-gardes de décembre 2014 à février 2015 sous le titre : Soleils. En 2015 c’est la Mostra Invideo à Milan, qui pour sa 25e édition programme un Focus sur son œuvre.

Jacques Perconte multiplie les collaborations, actuellement c’est avec Jean-Benoît Dunckel qu’il collabore étroitement. Léos Carax, Jeff Mills, Hélène Breschand, Eric-Maria Couturier, Julie Rousse, Michel Herreria, Didier Arnaudet, Marc Em, Hugo Verlinde, Jean-Jacques Birgé, Vincent Segal, Antonin-Tri Huang, ou encore Eddie Ladoire ont une place importante dans son aventure.