L’annonce de la pluie à venir rend le billet jovial. C’est entendre à nouveau la musicalité du poème de Raymond Queneau, Il pleut. Ce dernier n’a pas son pareil pour triturer, malaxer, bousculer la langue française. Membre actif du cercle de l’OuLiPo, son écriture sous contraintes induira des textes forts, des textes retors, des textes de mentor. Lisons-le, relisons-le, dévions la frénésie matérielle gantée par la magie de Noël, laissons place aux mots déferlants !

HSV 

IL PLEUT

Averse averse averse averse averse averse
Pluie ô pluie ô pluie ô ! ô pluie ô pluie ô pluie !
gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau
parapluie, ô parapluie ô paraverse ô !
paragouttes d’eau paragouttes d’eau de pluie
capuchons pèlerines et imperméables
que la pluie est humide et que l’eau mouille et mouille !
mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau
mouille l’eau et que c’est agréable agréable agréable
d’avoir les pieds mouillés et les cheveux humides
tout humides d’averse et de pluie et de gouttes
d’eau de pluie et d’averse et sans un paragoutte
pour protéger les pieds et les cheveux mouillés
qui ne vont plus friser qui ne vont plus friser
à cause de l’averse à cause de la pluie
à cause de l’averse et des gouttes de pluie
des gouttes d’eau de pluie et des gouttes d’averse
cheveux désarçonnés cheveux sans parapluie

Raymond QUENEAU, Les Ziaux, in Si tu t’imagines, N.R.F.

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