La rubrique 3 minutes avec revient chargée de nouvelles idées à  lire, à voir, à ressentir et nous espérons même qu’elles seront critiquées, aimées ou rejetées.

Cette rentrée cinématographique est placée sous l’égide d’Aguirre, la colère de Dieu  (1972) du réalisateur allemand Werner Herzog (né en 1942 à Munich). Alors que le monde politico-médiatique se querelle à propos de l’Amazonie, il nous semblait intéressant de faire un pas de côté, et de revenir aux sources de notre poumon, le fleuve lui-même. L’Amazone vient ici réactiver la pensée que notre monde d’aujourd’hui est né du monde d’hier.

 Ce billet n’est en rien politique (il n’organisera pas la vie de la cité) cependant l’art irrigue tout. C’est notre postulat.

 Aguirre, la colère de Dieu met en scène  des conquistadores du XVIᵉ  rêvant de découvrir une mystérieuse cité d’or ; leur quête a pour principale embarcation un radeau voguant sur le fleuve Amazone. Le capitaine despotique de ce bateau infortuné, Don Lope de Aguirre, dérive au grès des berges du fleuve. L’expédition finira mal. L’incarnation remarquable de Klaus Kinski (est-il réellement fou ?) en chef d’escadron de cette épopée tragique, ne fait que souligner la folie des hommes et la modestie de ces derniers face à une nature majestueuse.  Les yeux exophtalmiques couleur acier de l’acteur, son expression hallucinante et hallucinée procurent une tension comme seuls les grands films savent nous le faire.

Rediffusé sur Arte la semaine dernière, la chaîne avertit les « âmes sensibles » de bien vouloir s’abstenir. Nous faisons le pari inverse, les âmes sensibles ne peuvent que cingler vers ce film magnifique où l’Amazone, grand personnage de cette histoire, annonce la tragédie qui s’y joue. Les flots puissants, captés par une caméra de maître nous offrent un paysage mouvant, silencieux, inquiétant pointant la déraison de la soif de puissance ; faisant surgir le monde moderne et dont les secousses sont encore contemporaines. Les remous de l’eau sont les remous d’un nouveau monde qui s’embrase toujours.

HSV

3 commentaires sur « 3 minutes revient avec Werner Herzog »

  1. Film incroyable. Une bande son hypnotique, quelques scènes cultissimes (l’ouverture, l’accident de radeau, le procès, le joueur de flûte de pan, …) et des anecdotes de tournage croustillantes ! => Un classique

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