La  fin’amor…pour Laure.

Éloge allégorique de la fontaine de Sorgue et du laurier qu’il avait planté

Ni le Tésin, le Pô, le Var, l’Arno, l’Adige et le Tibre, l’Euphrate, le Tigre, le Nil, l’Ermus, l’Indus et le Gange, le Thanaïs, l’Ister, l’Alphée, la Garonne et la Mer qui se brise, le Rhône, l’Isère, le Rhin, la Seine, l’Aube, l’Aar, l’Ebre ;

Ni lierre, sapin, hêtre, pin ou genévrier, ne pourraient apaiser le feu qui ronge mon triste cœur, autant que le peuvent un beau ruisseau qui pleure à toute heure avec moi, et l’arbuste que, dans mes rimes, j’embellis et célèbre.

Je ne trouve pas d’autre secours parmi les attaques d’Amour qui m’oblige à passer en armes mon existence exposée à des chocs si redoutables.

Qu’ainsi croisse le beau Laurier sur le rivage frais ; et que celui qui l’a pleuré écrive sous son doux ombrage, au murmure des eaux, des pensées élégantes et élevées.

Extrait CXLVIII, Canzoniere, Pétraque, Gallimard, poésie, p.137

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